« Quel est le plus beau compliment que vous ayez reçu ? »

Chaque enfant a besoin, souhaite entendre dire ses parents de lui qu’elle est belle, qu’il est beau ! Qu’ils sont fiers de lui/d’elle ! « Bravo ! » « Félicitations pour le beau dessin, le cumulet, les bonnes notes à l’école !  » S’entendre venter auprès de la famille et des amis. Chaque enfant se construit, s’en nourrit ou attend désespérément cela de ses parents. Les repères, l’estime de soi et la confiance en soi émanent de tous ces mots tendres, de toutes ces affirmations, de tous ces regards, de toutes ces étreintes bienveillantes et fortifiantes.

D’aussi loin que je me souvienne, maman me dit très régulièrement que je suis belle, elle avance indubitablement cette assertion sans jamais vaciller. Peut-être qu’elle ne parle pas que du physique. A chaque fois qu’elle m’envoie cette rose, s’en est une de couleur différente. Pour me rassurer certainement de tous les doutes que la société balance sur ce qui est beau ou ne l’est pas, sur ce qui devrait être la norme ou pas.

Maman complimente toutes les personnes qu’elle trouve dignes, belles, courageuses, admirables, douées. Maman admire les autres, particulièrement ceux qui semblent avoir un don, ceux qui se surpassent dans leur talent comme dans leur douleur. Presque comme si elle n’en avait jamais eu et vécue. Il faut comprendre que ce n’est pas elle qui n’aimait pratiquer le violon étant petite. Non, c’est le violon qui ne l’aimait pas. Ne voit-elle pas ses propres dons ? Trop ardu sans doute de les vivre pleinement et les mettre en valeur quand les ressources d’affection et de reconnaissance ont manqués. Tout a toujours été là pourtant ! Comme la belle qui dort et n’attend que le baiser de la délivrance. Le chant; Cette passion pour la musique, jamais une fausse note, la vibration intense des notes au creux de son ventre. L’écriture; Des carnets de poésies entiers calligraphiés de sa plume de la quinzaine qui dépeignaient de façon si percutante le monde, la vie, la mort, l’amour. Son acuité sensitive; Maman a des pouvoirs magiques. Je l’aie vu pratiquer ! Elle perçoit l’indicible, elle entend les émotions et écoute les silences, elle reconnait l’autre et l’apaise. Le mot juste, la flèche droit dans le mille.

Sans transition ; Le seul et unique compliment qu’elle s’octroie et dont elle use avec fierté est qu’elle n’a pas toujours raison mais qu’elle n’a jamais tort! Je le lui emprunte volontiers depuis l’adolescence.

Décembre 2015, 32 ans

« Aah ma fille, ma fille, ma fille… » me dit ma mère en m’étreignant de ses bras enveloppants, sa joue ronde et chaude contre la mienne. Cette répétition de notre lien avec son ton grave d’ancienne fumeuse et théâtrale que son âme d’artiste ne laisse transparaître que dans ces instants de fortes émotions. Cette répétition est le plus intense et sincère compliment de maman. Il veut tout dire. Il signifie tout l’amour d’une mère pour son enfant. A travers celui-ci, elle m’exprime à la fois son affection, sa fierté, ses inquiétudes, ses doutes, ses incompréhensions et ses peurs mais surtout son amour inconditionnel car je semble à ses yeux une perle. Maman en a mis au monde 5, uniques et parfaites auxquelles elle n’a de cesse d’asséner depuis leur naissance, leurs beautés et leur filiation.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s