« Ce plat pays qui est le mien »

Avril 2010
Pour faire plaisir à mon voisin de chambre, 
j’ai accepté de remonter du centre-ville à la maison en Villo. 
Je l’avais prévenu, Bruxelles c’est loin d’être plat et surtout 
pas du centre vers chez nous. 
Enthousiaste comme à son habitude, et saoul, normal on était jeudi soir 
2h du matin, soirée after-work* par excellence oblige.

Il m’entraine une fois de plus, m’assénant que cela nous fera du bien et nous fera éliminer l’excédent d’alcool. Ça c’est peut-être moi qui y ai pensé, je ne sais plus.

Il peine et geint tout le trajet car il veut à tout prix chanter « Petit frère ». Il butte et n’arrive pas à entonner la première strophe. Il est tellement têtu. Il faut admettre qu’à cette époque c’était plutôt charmant et même attirant. Sinon pourquoi serais-je monter sur un vélo ?! Moi qui tient à peine sur un deux roues et pour qui le sport est l’enfer matérialisé ou plutôt une activité diabolisée ce qui m’empêchait de pouvoir l’apprécier et même d’en redemander.

Une fois de plus pour lui plaire, je me retrouve dans une situation cocasse et déstabilisante. Tout pour lui plaire, sexy boy, avec ses yeux bleus légèrement globuleux et pétillants de vie, sa joie de découvrir sans cesse, sa volonté de se dépasser, de tout faire, de tout voir. Il me sort peu à peu et sans le savoir du marasme des 8 dernières années.

A force d’acharnements, d’un seul coup sa mémoire infaillible lui permet de rapper le morceau dans son entièreté et ce jusqu’à la maison. J’aime beaucoup, j’en ris. Le vent et sa pointe fraiche en pleine face, les mèches de cheveux qui partent dans tous les sens. Lui qui chante pour la ville entière, lui que je dévore des yeux. A cet instant précis, la terre ne tourne plus, la lune n’éblouissait que pour nous. J’étais en vie et je goutais au simple plaisir d’être, en sa compagnie.

*Signifie soirée de sociabilisation et de décompression avec les collègues (au sens propre comme au figuré) à grands coups d’Happy Hours, Mojito et tutti quanti. S’en suivent bières et vins. Bien entendu sans rien manger de consistant, sauf si vous êtes suffisamment brave pour plonger votre main dans le plus grand nid à microbes de tous les temps; La bollinette de cacahouètes! Signifie aussi que le lendemain s’imposent au petit-déj : le coca et à midi : la plâtrée de pâtes.

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