« Et Bruxelles, toujours … »

Par un jeudi blanc et givré de janvier, Martine est venue au monde à Bruxelles, capitale du royaume rocambolesque de Belgique. Ignorée du monde, petit trésor au centre de toutes les attentions familiales jusqu’aux arrivées progressives des suivants.

Une enfance somme toute banale, au vert d’une banlieue bruxelloise aisée, loin des turpitudes du centre-ville. Cette période est naturellement centrée sur le moi, le reste du monde n’ayant pas à exister. Vie douce et pourtant inconfortable.

Parfois, je tente de me souvenir tel un Alzheimer qui lutte pour ne pas oublier un moment qui autrefois fut clé et que les proches n’ont de cesse de lui rappeler. Se souvenir des moments joyeux, se rappeler ces instants de grâce qui ont marqué l’enfance et retrouver les bribes de la Martine que j’étais alors et qui scellent de façon abrupte mon présent.

J’ose désirer parfois trouver la source, la cause première de cet enchainement de déconvenues et de bonheurs. Plus je remonte dans le temps, plus je m’aperçois que cela doit remonter à plus de 7 générations et je finis toujours par me résoudre à la vérité biblique. Eve avait succombé à la tentation du serpent et croqué dans cette foutue pomme. Quelle conne !

Plus tard, peut-être demain, j’accepterai qu’il n’y aucun responsable, que ce n’est qu’une continuité infinie d’évènements, de choix, de successions de comportements, d’années, d’espaces et de changements qui m’ont menées à ici et aujourd’hui. Une simple question de matière et d’anti-matière. Pour l’heure, je vous invite à suivre les méandres de sa vie et vous partage le fruit de mes fouilles…

Aux balbutiements de sa vie Martine découvrait sa ville natale au travers des visites de ses grands-parents français. Ils débarquaient fraichement de Paris chargés de présents, de croissants au beurre et pour 3 jours maximum. Règle imparable d’une belle famille supportable.

Période insoutenable durant laquelle les 5 devaient marcher au garde à vous, demander, obéir et se taire sans même soupirer. Petits rayons de soleil de leur séjour, leurs arrivées en fanfare déballant milles paquets, vivres et autres surprises surprenantes ainsi que la sortie culturelle du séjour, une longue ballade touristique au centre-ville. Du Manneken Pis à la Grand ’place avec une pause chaleur : un chocolat siroté au Roy d’Espagne (sans manquer d’y caresser son cheval empaillé) et une délicieuse dégustation de gaufre. Bruxelles, c’était ma ville mais mise à part le supermarché à 1km et demi de la maison et l’école juste en face de chez nous, je n’y étais que touriste.

Finalement de leurs escapades bruxelloises, au-delà des régimes totalitaire et alimentaire riches imposés par ma grand-mère, il y a d’excellents souvenirs. Empreinte nostalgique et moelleuse conservée au creux de mon ventre lorsque je me suis retrouvée au centre-ville des années plus tard pour la revisiter, y faire la fête avec mes colocataires, y travailler et même y vivre. Sensation pilaire et confortable de rentrer et d’être chez soi.

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