« Londres en hiver »

J’aurais rêvé toute ma vie d’y aller vivre. Dans cette ville grouillante, vivante, agitée et ordonnée. Élégante, touristique, verte de ses parcs, remplie d’étrangers tous à domicile et ses avenues animées de belles boutiques et d’échoppes. Elle a été ma maison, mon refuge dès ma première visite.

Je ne lui attribue cependant aucune odeur spécifique contrairement à la médina de Fez et son odeur putride de viandes trop longtemps exposées au soleil. Plutôt un riche mélange de parfumeries chaudes et cuisantes le long de Regent Street ou d’Oxford Street. De nourritures sur le pouce telles que woks ou fritures de toutes sortes made in Camden. Lors de ma première ballade, Lush avait bien entendu attiré mon nez et mon portefeuille, il n’y en avait nulle part ailleurs à l’époque.

Martine à nouveau, encore Hélène et déjà Ally, immergée au cœur de cette ville et de son impétueuse foule disciplinée. Aujourd’hui, ce doux rêve s’est éteint et j’y renonce à l’insu de mon plein gré. Lorsque votre rêve vous est repris, vous abandonnez sans même vous battre. Et pourtant, Londres me reste sur le bout de langue. Comme un goût de trop peu de ces friandises que l’on ose à peine toucher par peur de s’en écœurer et d’être cataloguée gourmande de service.

20 janvier 2001

Un samedi à l’aurore brumeuse et glaciale, une voiture nous dépose 
gare du midi où nous prenons le train, l’Eurostar. Surprise ! 
D’autres offrent Bruxelles, mon cadeau c’était Londres ! 

Le temps d’une journée, nous allions y flâner, la visiter et shopper. 
Mes yeux n’en perdent pas une miette. 
J’envie même les hôtesses d’avoir la chance de vivre entre les deux villes 
et me demande si je n’en ferais pas ma vocation ?! 
Cela doit être moins fatiguant qu’hôtesse de l’air. 
Profession à laquelle j’ai rêvé et renoncé dès l’âge de 14 ans, 
lorsque je me suis entendue dire : « Mais enfin ma petite-fille, 
tu n’y penses pas, tu n’y arriveras jamais ! »

Je suis fascinée, hypnotisée par ses écureuils, l’architecture, 
la conduite à gauche, la langue, son full English breakfast*.
Ahurissant Piccadilly, virevoltant entre le passage furtif des nombreux 
bus à impériale et les écrans publicitaires.

Nous rentrons le soir même à Bruxelles, je suis repue et 
baignée d’éblouissements. Je rêve déjà d’y retourner. 
Comme aux Cornouailles quatre ans plutôt, j’y retournerais plusieurs fois, 
je le sais. Et pourquoi pas un jour, j’irais y vivre…

* Toasts avec beurre, confiture ou marmelade servi avec œuf au plat, à la coque, frits ou brouillés, bacon frit, baked beans, saucisse grillée, rondelle de tomate cuite, champignons de Paris frits et Galette de pommes de terre. Rien de bien sain mais tellement ragoûtant.

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